Colloque 2016
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Neuvième colloque belge d'aide aux victimes de sectes

 

La narrativité en psychothérapie

Les vendredi 19 et samedi 20 février 2016

AFFICHE

 

 

Notre neuvième colloque belge d'aide aux victimes de sectes ouvre un nouveau cycle consacré à la dimension narrative des psychothérapies. La journée d'étude du 28/2/2015, "Que reste-t-il de nos œdipes? Les grands récits à l'épreuve de l'économie", en constituait, en quelque sorte, l'introduction. Si l'on considère l'émergence de phénomènes sociaux tels que les addictions, le sectarisme, l'intégrisme ou encore la dépression comme le symptôme d'une maladie sociale, on peut et même on doit se demander en quoi les grands récits organisant notre société seraient "en panne" et les conséquences qu'une telle panne pourrait avoir sur la pratique des psychothérapeutes. Nous croyons que l'emprise est au centre de ces questions.

La façon dont on raconte son histoire, que ce soit aux autres ou à soi-même, définit le sens de cette histoire, sens à comprendre dans sa double acception de signification et de direction : il y a des narrations qui ouvrent sur du changement, d’autres qui ne le font pas, voire l’inhibent.

De plus en plus d’intervenants dans le champ de la psychothérapie, de la médecine, du social, de l’éducation ou de la justice s’intéressent à la narrativité sans se faire une idée très précise des différentes façons possibles de l’aborder. Nous leur proposons un premier tour d’horizon des disciplines auxquelles on peut se référer à cet égard : narratologie, sémiotique, anthropologie, herméneutique, complexité, systémique, etc.

Nous avons sélectionné les orateurs avec soin, certains très connus, d’autres moins, mais tous très pertinents par rapport aux thèmes qui leur ont été confiés. Le programme de ce colloque n’est pas un patchwork, mais suit un fil conducteur précis, obéit à une structure thématique articulée, voire à une narrativité…

Le monde entier est un théâtre, et tout le monde, hommes et femmes y sont acteurs.

Shakespeare, 1599: Comme il vous plaira

En faisant le récit d'une vie dont je ne suis pas l'auteur quant à l'existence, je m'en fais le co-auteur quant au sens.

Paul Ricœur, 1990: Soi-même comme un autre

En fait, la logique de la destruction est inscrite dans celle de la création, comme la mort est inscrite dans la vie, c’est pourquoi bien souvent les histoires d’amour se transforment en tragédies et parfois plus rarement, plus difficilement, l’inverse.

Philippe Caillé et Yveline Rey, 1988: Il était une fois…

Persévérer, en effet, ce n’est pas seulement "continuer", mais "continuer contre, ou malgré"… quelque chose qui empêcherait de continuer. L’actant persévérant est donc compétent, doté des modalités qui lui permettent à la fois d’apprécier les obstacles et de les surmonter.

Jacques Fontanille, 2015: Formes de vie

>>> Pour accéder à l'affiche du colloque, cliquez ici

Vendredi 19 février 2016

 

08h30. Accueil

Direction scientifique: Jean-Claude Maes, psychologue, psychothérapeute systémique (Bruxelles).

Modération: Marie-Jeanne Wuidar, sociologue, médecin généraliste (Bruxelles).

Discussion: membres de SOS-Sectes, du SSM Le Sas et d'Aimer à l'ULB.

09h00. L’héritage d’Aristote

Françoise Revaz, linguiste, professeure associée à l’Université de Fribourg.

La narrativité: tentative de définition

Nous devons à Aristote un modèle du récit qui s’organise autour d’un nœud et d’un dénouement, mais il existe d’autres conceptions et il paraît difficile, face à la diversité des approches théoriques, de s’accorder sur une description univoque du récit. Nous tenterons néanmoins de proposer une définition qui permette d’aborder les récits produits lors de consultations médicales et psychologiques.

Emmanuelle Danblon, linguiste, professeur à l'Université libre de Bruxelles.

Un cas d’autoguérison expliqué par la rhétorique

Judith est une rescapée de la shoah. C’est un cas parmi d’autres de ce que Boris Cyrulnik appelle la résilience. Mais ce qui est particulier dans son cas, c’est que cette résilience s’est appuyée sans qu’elle en ait conscience par une auto-application du modèle rhétorique. Une source de réflexion.

10h45. Pause-café

11h15. Sémiotique et psychanalyse

Freek Dhooghe, psychologue, membre de l’Ecole Belge de Psychanalyse (Leuven).

La psychose: accueillir le vague pour l’ouvrir au récit

Avec Charles Peirce, nous passons de la dyade du signifiant et du signifié de Ferdinand de Saussure à la triade de la priméité, de la secondéité et de la tiercéité, que Pierre Delion a transformée en fonctions phorique, sémaphorique et métaphorique, initiant une logique qui tient compte du vague et soutient un travail institutionnel avec des personnes psychotiques, ce qui inclut de se préserver de leur contagion.

Pierre Benghozi, psychiatre, psychanalyste (Hyères).

De la figurabilité du spatiogramme au néocontenant narratif

Les pathologies de contenance (narcissiques, psychotiques, addictives, incestueuses, etc.) vont de pair avec une figurabilité défaillante. Comment visualiser ce qui ne peut être fantasmé? Un travail de rêverie à partir du spatiogramme comme représentation de "l’espace vécu" (chambre, maison, institution, village, etc.) est envisagé comme médiation à la co-création onirique de ce que j’appelle des "néocontenants narratifs".

13h00. Pause du midi

14h00. Narrativité et anthropologie: questions de formes

David Le Breton, anthropologue et sociologue, professeur à l'Université de Strasbourg.

Individualisation du sens et rites de passages

Nos sociétés fragmentent les significations collectives et font de l'individu le maître d'œuvre des récits qui donnent sens et valeur à son existence. Certains événements ont une valeur de passage, mais ils modifient le statut des rites qui deviennent intimes, personnels, détachés même parfois du lien social qui les réprouve. C'est le cas de certaines conduites à risque adolescentes, dont la valeur initiatique n'apparaît que dans le récit qu'en fait le jeune.

Serge Escots, anthropologue clinicien, thérapeute familial systémique (Toulouse).

Formes sémiotiques: interprétation psychanalytique et recadrage systémique

L’interprétation est souvent considérée comme une spécificité méthodologique de la psychanalyse, à l’instar des techniques de recadrage proposées en thérapie systémique. Leur examen croisé est une opportunité d’application concrète de la démarche de l’anthropologie clinique pour montrer, à partir des processus sémiotiques à l’œuvre, ce qui identifie et différencie interprétation et recadrage dans ces deux modèles.

15h45. Pause-café

16h15. Débat à partir d'un extrait de Clotilde du Nord, une pièce de Louis Calaferte

Un homme (Mwanza Goutier) prépare pour la prostitution sa compagne Clotilde (Nadège Ouedraogo) qu'il a ramenée "du Nord" en lui faisant miroiter une vie meilleure. Cette situation met en scène l'emprise et la manipulation perverses, mais pas seulement. Le texte de Louis Calaferte et la mise en scène qu'a réalisée Michaël De Clercq pour le Brocoli Théâtre permettent une lecture plurielle, à la fois individuelle, relationnelle, groupale et sociale.

>>> Dossier Brocoli

 

Samedi 20 février 2016

 

08h30. Accueil

09h00. L’héritage de Paul Ricœur

Cécile de Ryckel, psychologue, psychothérapeute (Namur).

Identité narrative et traumatisme: une pratique thérapeutique du récit au Rwanda

"Nous racontons des histoires parce que les vies humaines ont besoin et méritent d'être racontées", écrit Paul Ricœur. Pour lui, le récit est à la base de la construction de l’identité. À travers l’exemple de son travail de psychothérapeute individuelle et de son expérience en clinique communautaire au Rwanda, Cécile de Ryckel se demandera comment le récit permet de reconstruire une identité brisée, en infléchissant peu à peu l’identité de l'idem vers l'ipse.

Alberto Eiguer, psychiatre, psychanalyste (Paris).

Le thérapeute: un tiers témoin ou un complice du pervers?

La fonction du thérapeute implique de l’empathie et l’instauration d’un lien intersubjectif soutenant la narrativité en tant que synthèse entre le retour du refoulé ou du démenti et la construction qui fera sens. Le thérapeute adopte une position de "tiers-témoin", or le pervers va tout mettre en œuvre pour lui faire quitter cette position et le transformer en complice. Comment l’analyser en cure individuelle, de couple, de famille?

10h45. Pause-café

11h15. Le plein et le vide

Philippe Caillé, psychiatre, thérapeute de couple et de famille (Nice).

Les récits relationnels de la période postmoderne

Le scientisme ambiant et sa logique du plein ont fait reculer les grands mythes sur lesquels se construisaient les identités et les relations, rendant crucial que nous proposions à nos patients des outils narratifs adaptés, afin de les ramener à une logique du manque et de soutenir leur créativité. Ces outils, nous les avons qualifiés d’objets flottants.

Ivan Darrault-Harris, sémioticien, professeur émérite à l'Université de Limoges.

Regards sémiotiques sur un corps à corps intime à l’adolescence

A partir de trois fragments postés sur filsantejeunes.com, nous analyserons le conflit parfois violent chez l’adolescent entre l’instance non-sujet dépendante d’une relation perceptive directe au monde et l’instance sujet caractérisée par la reprise réflexive de l’expérience. Dans le cadre de la théorie de l’Ellipse élaborée avec le psychiatre Jean-Pierre Klein, une orientation art-thérapeutique permettra l’invention d’un récit fictif porteur de changement.

13h00. Pause du midi

14h00. La temporalité systémique

Edith Goldbeter-Merinfeld, docteur en psychologie, thérapeute familiale systémique (Bruxelles).

Temps individuel, temps familial

Le temps est l'une des variables importantes du système: il touche à sa dynamique évolutive ou à sa rigidification. Le symptôme présenté par un membre d'une famille en est un marqueur important. Chaque membre du système familial vit "son" temps dans une famille qui elle-même tente de se situer à une étape particulière dans une société qui s'identifie elle aussi au sein de marqueurs temporels.

Jean-Claude Maes, psychologue, psychothérapeute systémique (Bruxelles).

Vie de couple et cycles narratifs

"Le couple, écrit le psychiatre Robert Neuburger, c’est l’histoire d’une rencontre qui dure". On trouve une définition analogue chez le philosophe Alain Badiou: "ce qui était un hasard, je vais en tirer autre chose [...] une durée, une obstination, un engagement, une fidélité". Le modèle sémiotique proposé par Algirdas Greimas permet d'en déduire un modèle d’intervention visant à transformer la crise en renouvellement de la rencontre.

15h45. Pause-café

16h15. Table ronde

Éloge du conflit

L’anthropologue Grégory Bateson explique qu’il n’y a pas d’information sans différence. En le paraphrasant, on pourrait ajouter qu’il n’y a pas de sens sans différends, du moins si on accepte de leur prêter une oreille attentive. Héraclite le disait déjà: "Le conflit est le père de toute chose, le roi de toute chose".

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Séminaires

 

Nos séminaires sont ouverts à un public le plus large possible, incluant des gens formés à toutes les disciplines ou même n'ayant pas eu l'occasion de se former. Leur objectif est d'ouvrir les participants à une vision du monde plus complexe, sans préjugé ni dogmatisme, de leur donner des outils leur permettant de se faire leur propre opinion sur la société occidentale contemporaine, et d'enrichir leurs pratiques personnelles et/ou professionnelles.

A partir de septembre 2016, s'ouvrent trois séminaires différents, qui se dérouleront parallèlement les uns aux autres et se feront écho, tous trois dans le prolongement du colloque. Pour les personnes qui voudraient suivre les trois séminaires, nous nous arrangerons pour que les séances ne soient pas trop rapprochées les unes des autres.

Séminaire: "Les grands récits occidentaux" (3 x 10 séances)

Une soirée par mois, Jean-Claude Maes accueillera d'éminents spécialistes de mythes qui lui semblent toujours actifs dans la société occidentale contemporaine, soit dix séances par an pendant trois ans. En 2016-2017, nous explorerons "le pilier gréco-romain", en 2017-2018, "le pilier judéo-chrétien" et, en 2018-2019, "le pilier européen".

>>> Programme provisoire

Séminaire: "La sémiotique à l'usage des psys" (3 x 10 séances)

Depuis 2012, nous donnons une place croissante, dans nos colloques, à la sémiotique, dont l'usage en psychothérapie s'avère fécond, mais dont l'apprentissage est ardu à défaut d'une initiation adaptée. Un soir par mois à partir de septembre 2016, Jean-Claude Maes exposera dans un langage abordable un concept sémiotique utile en psychothérapie, en l’illustrant par des situations cliniques. Cela pourra parfois consister, s’il y a des demandes dans ce sens, à analyser des situations amenées par des participants.

>>> Programme provisoire

Séminaire: "Le radicalisme: comment aider les proches?" (10 séances)

Notre expertise en matière d'emprise sectaire nous donne quelques clés pour comprendre les mécanismes à l'œuvre dans  les radicalismes et proposer des pistes d'intervention ou en tout cas de positionnement stratégique face à ses dérives, tant en matière d'aide aux proches que de prévention.

>>> Programme

Organisé avec le soutien du membre  

du Collège de la Commission communautaire française

chargé de la Santé

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